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Résidence fiscale en France

Drapeau : France

En bref

Paramètres clés
Seuil 6 mois (~183 jours)
Période de calcul Année civile (1er janv. – 31 déc.)
Décompte des jours Toute partie de journée
Critère alternatif Foyer, activité professionnelle, intérêts économiques

Comprendre la règle

Vous êtes résident fiscal français pour une année civile si vous remplissez l’un de ces critères de l’article 4 B du Code général des impôts, dans n’importe quel ordre :

  • Foyer — la France est le lieu où vous et votre famille proche vivez habituellement, de façon stable et permanente. Un travail temporaire à l’étranger ne le rompt pas tant que votre famille reste sur place.
  • Lieu de séjour principal — ce critère ne joue que si vous n’avez aucun foyer stable. Il demande où vous avez été réellement présent le plus longtemps, un séjour de plus de six mois en France servant d’indicateur habituel.
  • Activité professionnelle — vous exercez en France un emploi ou une activité, sauf si vous pouvez montrer que cette activité y est exercée à titre accessoire. Ce qui décide, c’est le lieu où vous consacrez le plus de temps de travail, pas celui où naissent le plus de revenus.
  • Centre des intérêts économiques — la France est le lieu de vos principaux investissements, du siège de vos affaires ou de l’administration de votre patrimoine. Lorsque vos revenus proviennent de plusieurs pays, c’est la part la plus importante qui indique la direction.

Remplir un seul critère fait de vous un résident fiscal français, imposé sur vos revenus mondiaux. N’en remplir aucun fait de vous un non-résident, imposé en général sur vos seuls revenus de source française.

Comment suivre vos jours

  1. Le seul critère fondé sur le temps est le lieu de séjour principal, utilisé en l’absence de foyer stable. Plus de 6 mois (~183 jours) sur l’année civile — en pratique au moins six mois et un jour, soit un peu plus de la moitié de l’année — sert d’indicateur général, mais moins peut suffire si la France l’emporte sur tous les autres pays.
  2. Il n’existe pas de formule légale de décompte, et l’administration fiscale française n’a pas précisé de règles pour les journées partielles ni pour les jours d’arrivée et de départ. Les tribunaux apprécient la présence que vous pouvez effectivement prouver plutôt que d’appliquer une méthode de décompte fixe.
  3. Suivez vos jours dans tous les pays, pas seulement en France, car ce critère est comparatif — la question est de savoir où vous avez passé le plus de temps, pas si vous avez franchi un seuil fixe.

Conservez vos justificatifs de voyage, factures d’hôtel ou de location et relevés de carte pour le décompte des jours, ainsi que des preuves du lieu où se trouve réellement votre foyer : bail ou titre de propriété, inscriptions scolaires, contrats de travail, et relevés montrant où se situent vos revenus et vos placements.

Cas particuliers

  • Rester sous les 183 jours ne fait pas de vous un non-résident. C’est la lecture erronée la plus répandue des règles françaises — il n’existe pas de seuil de jours légal, et trois des quatre critères n’ont rien à voir avec le temps passé.
  • Les dirigeants des grandes entreprises dont le siège est en France sont présumés y exercer leur activité principale. Lorsque le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise dépasse un seuil fixé, cette présomption tient, sauf preuve contraire du dirigeant.
  • Quitter la France avec des participations importantes peut déclencher l’exit tax. Les plus-values latentes sur des participations significatives peuvent être imposées au départ, même si l’impôt peut souvent faire l’objet d’un sursis de paiement.
  • Un régime spécial peut alléger l’impôt des personnes qui s’installent en France pour y travailler. Le régime des impatriés exonère une partie de la rémunération et certains revenus étrangers pendant un nombre d’années déterminé, mais il se demande indépendamment de votre statut de résidence.
  • La résidence s’apprécie personne par personne, pas foyer fiscal par foyer fiscal. Un couple qui partage un logement peut obtenir des réponses différentes si un seul des deux remplit un critère, alors même qu’ils déposent une déclaration commune.

Les risques en cas d’erreur

Une erreur sur votre domicile fiscal vous expose à des intérêts de retard de 0,20 % par mois, ainsi qu’à une majoration de 10 % pour dépôt tardif. Elle passe à 40 % lorsque l’administration fiscale retient un manquement délibéré, et à 80 % en cas de manœuvres frauduleuses ou de revenus provenant de comptes à l’étranger non déclarés. Dans ce type de situation, il est vivement recommandé de consulter un fiscaliste.

Exemples

Un déménagement familial qui tranche immédiatement

Vous vous installez à Lyon en mars avec votre partenaire et vos enfants, louez un logement familial et inscrivez les enfants à l’école. Votre foyer est établi en France à partir de ce moment : vous êtes résident fiscal français pour l’année — sans que personne ait jamais besoin de compter vos jours.

Pas de foyer stable, et la France l’emporte au temps passé

Vous avez rendu tous vos baux et passez l’année à voyager : 150 jours en France, 120 en Espagne, le reste dispersé. Faute de foyer stable, le critère du lieu de séjour principal compare les pays, et la France arrive en tête, bien que vous y ayez passé nettement moins de six mois.

Travailler à l’étranger pendant que l’argent reste en France

Vous prenez un emploi à l’étranger, passez moins de 30 jours par an en France et n’y gardez aucun logement, mais l’essentiel de vos revenus provient d’une entreprise française dont vous êtes propriétaire et d’un patrimoine locatif en France. Le seul critère du centre des intérêts économiques peut encore faire de vous un résident fiscal français.

Sources officielles

Questions fréquentes