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Qu’est-ce qui fait de vous un résident fiscal de France ?

En bref

« Un seul suffit », tout est là

L’erreur courante consiste à voir la France comme un pays à 183 jours assorti de notes de bas de page. C’est presque l’inverse : les critères sont alternatifs, si bien qu’en remplir un seul fait de vous un résident et rend les autres sans objet.

Le foyer est le lieu où vit habituellement votre famille — conjoint ou partenaire et enfants —, même si votre travail vous amène ailleurs. Quelqu’un qui travaille à l’étranger pendant que son foyer reste en France peut être résident à ce seul titre, en passant très peu de jours dans le pays.

Le lieu de séjour principal est la voie du décompte des jours. Le texte officiel parle de plus de six mois au cours d’une année — proche de 183 jours sans être identique, d’où la circulation des deux chiffres. À défaut de foyer stable, passer plus de temps en France que dans tout autre pays peut aussi suffire.

L’activité professionnelle principale désigne le lieu où vous exercez principalement votre activité, salariée ou non, appréciée d’après le temps que vous y consacrez, sauf si ce critère ne permet pas de trancher.

Le centre des intérêts économiques est le lieu de vos principaux investissements, de la gestion de votre patrimoine ou d’où vous tirez la majeure partie de vos revenus.

Deux autres cas prévus par la loi passent facilement inaperçus : les agents de l’État en service à l’étranger qui ne sont pas soumis dans le pays d’accueil à un impôt personnel sur l’ensemble de leurs revenus, et — depuis une modification de 2019 — les dirigeants de grandes entreprises dont le siège est en France au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires.

Les liens familiaux sont ceux qui surprennent

Des quatre critères, c’est le foyer qui prend le plus de gens au dépourvu, parce qu’il ne dépend pas de vous. Une expatriation, un emploi en rotation ou une période de travail dans un autre pays ne déplace pas nécessairement votre résidence fiscale si votre foyer ne bouge pas.

Cela signifie aussi qu’on ne peut pas répondre à la question en comptant seulement. Un relevé de jours montre si la voie du lieu de séjour principal est engagée ; il ne dit rien des trois autres.

La résidence fiscale et le droit de séjourner sont distincts

La France fait partie de l’espace Schengen : un visiteur sans titre de séjour est donc aussi soumis à la limite d’immigration des 90/180 jours. Les deux n’ont rien à voir : les 90 jours sont un plafond d’immigration pour tout l’espace, tandis que la résidence fiscale française se décide selon les critères ci-dessus, en France seulement.

Quelqu’un qui détient un titre de séjour échappe entièrement au plafond des 90/180 jours et relève pleinement des règles fiscales — c’est la combinaison la plus susceptible de produire une résidence inattendue.

Sources officielles