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Résidence fiscale à Malte (règle des 183 jours)

Drapeau : Malte

En bref

Paramètres clés
Seuil 183 jours
Période de calcul Année civile (1er janv. – 31 déc.)
Décompte des jours Toute partie de journée
Critère alternatif Critère de la résidence ordinaire
Conditions supplémentaires Domicile pour l’imposition des revenus mondiaux

Comprendre la règle

Malte distingue 3 notions que la plupart des pays confondent, et le décompte des jours ne tranche que la première.

La résidence est le critère des jours. Passer plus de 183 jours à Malte au cours de l’année civile vous rend résident pour cette année, quelle que soit la raison de votre présence.

La résidence ordinaire désigne le fait de vivre à Malte de façon établie et habituelle plutôt que passagère. Il n’existe pas de seuil fixe. Quelqu’un qui s’y installe définitivement est ordinairement résident dès le départ, et quelqu’un qui y passe plus de 183 jours par an pendant plusieurs années — 3 années consécutives est l’illustration habituelle — peut le devenir par la seule répétition.

Le domicile est encore une autre notion, et c’est lui qui fixe l’étendue de l’imposition. Il correspond en gros au pays que vous considérez comme votre foyer permanent, et il est difficile à perdre. Une personne à la fois ordinairement résidente et domiciliée à Malte est imposée sur ses revenus mondiaux. Toute personne à qui manque l’un des deux éléments est imposée sur ses revenus et plus-values maltais, plus ses revenus étrangers dans la seule mesure où ils sont rapatriés à Malte.

Cette dernière distinction explique que 2 personnes avec des décomptes de jours identiques puissent recevoir des factures très différentes, et que Malte attire des personnes qui y sont résidentes sans y être domiciliées.

Comment suivre vos jours

  1. Le seuil est de plus de 183 jours de présence à Malte au cours de l’année civile : 183 jours tout juste ne suffisent pas à eux seuls.
  2. Toute partie de journée à Malte compte comme une journée entière, y compris les jours d’arrivée et de départ.
  3. La période est l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre : le décompte repart à zéro au lieu de glisser.
  4. Suivez votre série d’années autant que le total de chaque année, car la résidence ordinaire peut naître d’un schéma répété plutôt que d’un chiffre isolé.
  5. Gardez trace de ce que vous rapatriez effectivement à Malte, pas seulement de ce que vous gagnez, car c’est la mesure qui s’applique si vous êtes résident sans être domicilié.

Conservez vos justificatifs de voyage et d’hébergement pour chaque année, ainsi que les relevés bancaires montrant ce qui a été rapatrié à Malte. Pour la plupart des résidents étrangers, c’est sur les rapatriements que l’impôt est assis, et ils doivent être justifiés séparément des revenus.

Cas particuliers

  • La résidence ordinaire peut naître sans qu’aucune année ne se distingue. Un schéma régulier de longs séjours sur plusieurs années peut l’établir, même si aucune année ne paraît décisive à elle seule.
  • Le domicile suit rarement un déménagement. Il s’acquiert en s’établissant quelque part de façon permanente avec l’intention d’y rester indéfiniment : s’installer à Malte et y vivre des années ne vous rend donc pas à lui seul domicilié à Malte.
  • Le rapatriement concerne l’argent introduit, pas l’argent gagné. Les revenus étrangers laissés hors de Malte échappent en général à l’impôt pour un résident non domicilié, mais les rapatrier plus tard peut les faire rentrer dans le champ.
  • Un impôt minimal s’applique à certains résidents non domiciliés. Lorsque les revenus étrangers sont importants et que l’imposition au rapatriement s’applique, un plancher annuel peut être dû, aussi faibles que soient les sommes effectivement rapatriées.
  • Les plus-values nées hors de Malte sont traitées autrement que les revenus. Pour un résident non domicilié à Malte, les plus-values étrangères échappent en général à l’impôt, même lorsque le produit est rapatrié.

Les risques en cas d’erreur

La résidence décide si Malte vous impose ou non, et le domicile décide si l’impôt atteint vos revenus mondiaux ou seulement ce que vous rapatriez : une position erronée se traduit donc le plus souvent par la réimposition de revenus étrangers non rapatriés ou par le refus de l’imposition au rapatriement. Malte applique un supplément d’impôt pour une déclaration déposée en retard, proportionné à la durée du retard, et des intérêts courent chaque mois sur l’impôt impayé jusqu’au paiement complet, dans la limite du montant de l’impôt dû. Dans ce type de situation, il est vivement recommandé de consulter un fiscaliste.

Exemples

Franchir le seuil des jours en une année

Vous louez un appartement à Sliema et passez environ 220 jours à Malte sur l’année civile. C’est plus de 183 jours : vous êtes résident fiscal maltais pour cette année, quelle que soit l’origine de vos revenus.

Résident mais non domicilié

Vous vivez à Malte depuis 4 ans, êtes ordinairement résident et conservez votre domicile d’origine ailleurs. Votre salaire maltais est imposé en totalité, mais vos revenus de placements étrangers ne le sont que dans la mesure où vous les transférez à Malte.

Un schéma qui fonde la résidence ordinaire

Vous passez environ 200 jours par an à Malte 3 années consécutives tout en gardant une base à l’étranger. Chaque année remplit à elle seule le critère des jours, et la répétition suffit aussi à faire de vous un résident ordinaire plutôt qu’une suite de visiteurs sans lien.

Sources officielles

Questions fréquentes