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Règle des 90/180 jours dans l’espace Schengen

Drapeau : Espace Schengen

En bref

Paramètres clés
Limite 90 jours
Période de calcul 180 jours glissants
Décompte des jours Toute partie de journée
Conditions supplémentaires Courts séjours uniquement, pas de travail

Comprendre la règle

La règle s’applique :

  • Aux ressortissants d’un pays dispensé de visa — dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon — qui voyagent sans visa. Les citoyens britanniques y sont soumis depuis le Brexit.
  • Aux titulaires d’un visa Schengen de court séjour (type C), pour du tourisme, des affaires ou des visites familiales.
  • Aux télétravailleurs, retraités et grands voyageurs qui partagent leur temps entre l’espace et ailleurs.

Elle ne s’applique pas aux citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse, qui bénéficient de la libre circulation et ne sont soumis à aucune limite de jours. C’est une limite de temps de présence, pas une autorisation de faire quoi que ce soit en particulier : elle ne donne aucun droit de travailler et ne compte pour aucun statut de résident.

Les deux points qui piègent les voyageurs tiennent à la structure même de la règle. Les 90 jours valent pour l’ensemble de l’espace, et non pays par pays : un mois en Espagne et deux mois en Allemagne épuisent le même quota. Et la période de 180 jours est glissante : il n’existe aucune date du calendrier à laquelle votre décompte repart de zéro.

Les séjours plus longs, le travail et les études sortent entièrement de cette règle. Ils exigent un visa national de long séjour ou un titre de séjour délivré par le pays concerné, une autorisation distincte avec ses propres conditions.

Comment suivre vos jours

  1. La limite est de 90 jours de présence dans l’espace Schengen sur toute période de 180 jours.
  2. Toute partie de journée compte comme une journée entière : votre jour d’arrivée comme votre jour de départ s’ajoutent au total.
  3. Choisissez le jour à vérifier, remontez 180 jours en arrière et additionnez tous les jours passés dans l’espace sur cette période. Si le total dépasse 90, vous ne pouvez pas être dans l’espace ce jour-là.
  4. Les jours sortent du décompte dès qu’ils ont plus de 180 jours : votre quota se reconstitue progressivement, et non d’un seul coup.
  5. Passer d’un État membre à l’autre ne change rien : tout l’espace forme un seul territoire pour le décompte.

Conservez vos cartes d’embarquement, réservations d’hébergement et documents de séjour pour chaque voyage : si les données officielles d’entrée et de sortie (EES) sont un jour erronées, ce sont vos propres traces qui vous restent. La Commission européenne publie aussi un calculateur officiel de court séjour : vérifier un voyage prévu avec cet outil vaut mieux que de reconstituer un décompte contesté à la frontière.

ETIAS et système d’entrée/sortie (EES)

Deux réformes distinctes modifient le contrôle aux frontières des voyageurs dispensés de visa et des titulaires d’un visa de court séjour. L’une est déjà en place, l’autre pas encore.

  • Ce qu’est l’EES — le système d’entrée/sortie (Entry/Exit System) a remplacé les tampons sur le passeport par un enregistrement électronique de chaque entrée et de chaque sortie, à partir des empreintes digitales et d’une image faciale. Son déploiement progressif aux frontières a commencé en octobre 2025 et il est pleinement opérationnel depuis avril 2026 : c’est désormais à partir de lui que votre décompte est calculé, et un dépassement est signalé par ce registre sans qu’un agent ait besoin de le remarquer. Vos données sont normalement conservées 3 ans après votre dernière sortie, et 5 ans en cas de dépassement de la durée de séjour ou de refus d’entrée.
  • Ce que sera l’ETIAS — une exigence supplémentaire et distincte qui s’ajoute à l’entrée sans visa, sans la remplacer. Les voyageurs dispensés de visa devront demander en ligne, avant leur départ, une autorisation ETIAS (système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages), dans le même esprit que l’ESTA américain.
  • Où en est-on — l’ETIAS n’est pas encore en vigueur. Son lancement prévu fin 2026 a disparu des informations officielles sans nouvelle date confirmée, et les estimations du secteur évoquent désormais 2027. Consultez la page officielle de l’ETIAS avant de partir plutôt que de supposer quoi que ce soit, et méfiez-vous des sites non officiels qui proposent des « demandes d’ETIAS » payantes pour un système qui n’en accepte pas encore.

Aucune des deux réformes ne modifie la limite de 90 jours elle-même. Elles changent seulement la façon dont les entrées, les sorties et — une fois l’ETIAS lancé — le contrôle préalable au voyage sont vérifiés et enregistrés.

Cas particuliers

  • Avec la période glissante, un ancien voyage peut encore vous limiter. Un long séjour terminé il y a quatre mois reste dans les 180 jours examinés : le quota qu’il vous reste aujourd’hui dépend de voyages auxquels vous ne pensez peut-être plus.
  • Certains États membres ont conclu des accords bilatéraux d’exemption de visa antérieurs à Schengen. Pour certaines combinaisons de nationalité et de pays, ils peuvent permettre un séjour au-delà des 90 jours. Ils sont appliqués de façon inégale et ne doivent jamais être invoqués sans avoir fait confirmer votre cas précis par le pays concerné.
  • Un titre de séjour ou un visa de long séjour d’un État membre vous fait sortir de cette règle. Le temps passé dans le pays de délivrance sous couvert de ce titre ne compte pas dans les 90 jours, alors que le temps passé dans les autres États membres compte en général toujours.
  • La composition de l’espace évolue. Des pays l’ont rejoint encore ces dernières années, et l’adhésion fait passer les jours passés dans ce pays d’un quota national distinct au total Schengen commun.
  • Être dans l’UE ne veut pas dire être dans Schengen. Chypre en est l’exemple le plus net : membre de l’UE, elle applique son propre quota de séjour sans visa, construit de la même façon mais entièrement distinct. Un visa Schengen ne permet pas d’entrer à Chypre, et le temps passé sur l’île n’affecte en rien votre décompte Schengen.
  • La frontière terrestre entre Gibraltar et l’Espagne est devenue intérieure en juillet 2026. Depuis le 15 juillet 2026, Gibraltar applique les règles Schengen aux frontières alors qu’il ne fait partie ni de l’Union européenne ni formellement de l’espace Schengen : le passage avec l’Espagne ne fait plus l’objet de contrôles systématiques, et le contrôle aux frontières extérieures a lieu à l’aéroport et au port de Gibraltar. Le temps passé sur place compte comme n’importe où ailleurs dans l’espace.
  • Monaco, Saint-Marin et le Vatican n’ont pas non plus de contrôles aux frontières, sans être membres. Chacun est enclavé dans un pays Schengen ou ouvre directement sur lui — Monaco sur la France, Saint-Marin et le Vatican sur l’Italie — sans contrôle à l’entrée. Les jours passés sur place comptent dans vos 90 exactement comme si vous étiez resté dans le pays voisin.
  • 90 jours restent sous le seuil de jours de tous les États membres, ce qui ne garantit pas d’être à l’abri. La limite vous maintient sous les 183 jours habituels, mais certains États membres retiennent des critères sans aucun décompte : l’Espagne présume la résidence lorsque votre conjoint et vos enfants mineurs y vivent, et la France retient votre foyer ou le centre de vos intérêts économiques.

Les risques en cas d’erreur

Un dépassement de la durée de séjour est désormais enregistré automatiquement, sans dépendre de la vigilance d’un agent, et il vous suit à chaque passage de frontière et à chaque demande de visa ultérieurs dans tout l’espace. Les amendes sont fixées par chaque pays et varient fortement, mais la conséquence sérieuse est l’interdiction d’entrée — en principe limitée à cinq ans par le droit de l’UE, et plus longue seulement en cas de menace grave pour la sécurité publique. L’interdiction est inscrite dans le système de signalement commun à tout l’espace : la décision d’un seul pays vous ferme donc tous les autres. Dans ce type de situation, il est vivement recommandé de consulter un professionnel.

Exemples

Des voyages répartis sur la période

Vous passez 30 jours en France en janvier et 30 en Italie en avril, puis prévoyez un voyage en juillet. En juillet, les jours de janvier sont sortis des 180 jours examinés et ne comptent plus : il vous reste de la place pour un nouveau séjour dans la limite des 90 jours.

Un long séjour qui épuise tout le quota

Vous entrez au Portugal le 1er mars et n’en bougez plus. Vous atteignez 90 jours fin mai et devez partir. Vous ne pouvez pas revenir tout de suite : il faut attendre qu’assez de ces jours aient plus de 180 jours pour que votre décompte repasse sous la limite.

Changer de pays ne remet rien à zéro

Vous passez 45 jours en Espagne, 40 de plus en Allemagne, puis partez pour la Grèce en pensant que chaque pays accorde ses propres 90 jours. Les trois font partie du même espace : votre total atteint déjà 85, et il vous reste cinq jours, pas un nouveau quota.

Sources officielles

Questions fréquentes