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Deux pays peuvent-ils vous considérer tous deux comme résident fiscal ?

En bref

Comment on devient résident de deux pays

Personne ne demande à être double résident. La situation naît de deux règles appliquées indépendamment l’une de l’autre :

  • Un décompte de jours dans un pays, un foyer dans l’autre. Vous passez 190 jours en Espagne : le critère espagnol des 183 jours vous rend résident. Votre foyer familial reste au Royaume-Uni et vous remplissez une attache du Statutory Residence Test : le Royaume-Uni vous considère aussi comme résident.
  • Des périodes de calcul différentes. Un pays raisonne en année civile, l’autre en année fiscale commençant en avril ou en juillet. Un seul déménagement peut tomber dans les deux.
  • Un déménagement en cours d’année. Vous avez réellement vécu à deux endroits. Sans régime d’année fractionnée, les deux pays peuvent revendiquer l’année entière.
  • Des attaches qui survivent au départ. Un logement, une famille, une entreprise ou des comptes bancaires peuvent continuer à satisfaire le critère de l’ancien pays bien après votre départ.

Le décompte des jours n’est souvent que la plus petite partie du problème. Ce sont les critères qui ne reposent pas sur les jours — foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel — qui maintiennent la résidence dans un pays que l’on croyait avoir quitté.

Ce que fait réellement une règle de départage

Lorsque les deux pays ont signé une convention fiscale, celle-ci suit généralement l’article 4 du modèle de l’OCDE et applique les critères suivants dans l’ordre, en s’arrêtant au premier qui tranche :

  1. Foyer permanent. Où disposez-vous d’un foyer d’habitation permanent ? S’il n’y en a que dans un seul pays, celui-ci l’emporte et les étapes suivantes ne sont jamais examinées.
  2. Centre des intérêts vitaux. Si vous avez un foyer dans les deux, lequel concentre vos liens personnels et économiques les plus étroits — famille, travail, entreprise, vie sociale et civique ?
  3. Séjour habituel. Si le centre des intérêts vitaux ne peut être déterminé — ou si vous ne disposez d’un foyer permanent dans aucun des deux pays —, où vivez-vous réellement la plupart du temps ?
  4. Nationalité. En cas d’égalité persistante, le pays dont vous avez la nationalité.
  5. Procédure amiable. Si rien de ce qui précède ne tranche, les deux administrations fiscales règlent la question entre elles.

Deux conséquences sont souvent mal comprises. L’ordre est impératif : on ne peut pas passer directement au séjour habituel parce que le décompte des jours vous arrange davantage. Et une règle de départage n’efface pas la résidence dans l’autre pays : elle répartit le droit d’imposer au sens de la convention. Des obligations déclaratives peuvent subsister.

En l’absence de convention

Tous les pays ne sont pas liés deux à deux par une convention, et toutes les conventions ne contiennent pas de règles de départage. Sans convention, les deux pays peuvent imposer selon leur droit interne, et l’éventuel allègement vient des règles unilatérales de chacun — crédit d’impôt étranger ou exonération — plutôt que d’une répartition convenue. La situation est nettement moins favorable, et mieux vaut le savoir avant un déménagement qu’après.

Sources officielles